Les orchidées...      
 
 

Elles sont belles, célèbres. Nous pouvons les trouver facilement sur notre plateau. Alors, par ces journées courte et grises, faisons nous plaisir, allons découvrir les orchidées.

Il y a environ quarante-neuf espèces d’orchidées dans notre département. Ce qui le situe parmi les départements intéressants. Cela s'explique par sa position méridionale, sa proximité du Massif Central, ainsi que la présence de sols calcaire.
Toutes nos orchidées offrent plusieurs fleurs, groupées de différentes manières sur une seule tige. Ce sont ces fleurs qui nous étonnent, nous émerveillent, voire même nous fascinent. Elles sont faites pour ça, d’ailleurs : attirer, attirer les insectes qui les butineront et les féconderont. Si nos fleurs d’orchidées ne peuvent rivaliser avec leurs cousines tropicales par la taille, la couleur ou la fantaisie des formes, elles restent cependant surprenantes.
Par exemple, chez un groupe d’orchidées, les Ophrys, les fleurs imitent un insecte butineur femelle, non seulement par l’apparence, mais aussi par l’odeur. Le mâle va tenter de s’accoupler avec cette femelle factice, en vain bien sûr, mais il ne manque pas d’emporter le pollen qui s’est collé sur lui vers une autre orchidée de même espèce. Il recommencera alors sa tentative d’accouplement en laissant cette fois, le pollen sur cette fleur, assurant ainsi la fécondation.
Ces orchidées utilisent d’autres leurres : elles peuvent ressembler à des fleurs généreuses en nectar alors qu’elles-mêmes n’en fournissent pas ; nous observons alors sur un des pétales très différencié de la corolle, le labelle, qui sert de piste d’atterrissage, différentes couleurs ou protubérances alléchantes. On s’y bouscule.
Autre méthode, la fleur s’est construite comme un trou dans lequel un insecte peut venir se réfugier s’il pleut, ou à la tombée de la nuit.
Mais toutes les orchidées n’apparaissent pas comme de telles manipulatrices. Il en existe qui offrent parfum et nectar. Ce parfum peut  se faire sentir à plusieurs dizaines de mètres. On sent l’orchidée avant de la voir. Nous pouvons nous aussi en bourdonner de surprise.

Les orchidées présentent d’autres aspects qui les rendent particulières. Un champignon est obligatoire à la germination des infimes graines d’orchidées dépourvues de réserve nourricières. Et elles resteront, toute leur vie, en association plus ou moins poussée avec ce champignon.
Les orchidées redoutent la concurrence des autres plantes,  elles poussent donc plutôt dans des sols pauvres, où leurs racines formant des tubercules ou des rhizomes, leur permettent de stocker les substances nutritives pour faire face aux périodes difficiles.
Ces lignes ne donnent qu’un tout petit aperçu de ce qui constitue l’originalité de ces plantes. Intéressons-nous maintenant à leur situation. Comme beaucoup d’espèces appartenant à la vie sauvage, les orchidées sont partout menacées par nombre d’activités humaines s’ajoutant aux transformations des milieux naturels. Par exemple l’abandon de l’élevage ovin permet le retour progressif de la forêt, éliminant les orchidées exigeantes en lumière ; l’excès d’engrais emporté par les eaux de ruissellement autorise l’apparition de nombreuses plantes qui vont étouffer les orchidées en transformant leur espace ; ou encore l’assèchement des zones humides. Par leur célébrité, ces fleurs sont représentatives : leur disparition signe l’élimination de  milieux résultant d’une activité humaine qui autorisait la présence d’autres espèces, animales et végétales, aussi fragiles et remarquables mais moins connues. C’est pourquoi, dans de nombreuses régions des actions conservatoires sont menées. 
Le plateau de Bouloc, ses penchants, mais aussi quelques portions des vallons plus humides, héberge presque la moitié du nombre des espèces recensées dans notre département. Nous avons vu aussi plus haut que les orchidées vivent avec des champignons, cela veut dire qu’elles réclament des sols stables, des sols où persiste une vie « microbienne » intense, preuve de la grande qualité d’un milieu naturel.

En considérant ces plantes comme un indicateur de diversité  paysagère et de qualité du sol, le nombre d’espèces recensées (pour le moment) révèle l’importance naturelle du plateau de Bouloc et de ses proches environs. Les orchidées vivent chez nous heureuses et nombreuses. Notre bien-être, ici, est peut-être lié à leur présence. Que signifierait pour nous leur disparition brutale ?