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Une leçon de géologie... |
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Avant de parcourir les penchants et les plateau de Bouloc au gré de l'inspiration, il me paraît convenable de dresser d'abord une présentation un peu plus générale.
En observant une carte géologique on pourrait penser qu'une grande vague calcaire est venue mourir par ici. Elle venait du Nord-Ouest, le Lot d'aujourd'hui, elle s'est effilochée vers le Sud-Ouest en ondes successives jusqu'à Gasques et Goudourville au bord de la Garonne, en débordant par endroit la Barguelonne.
La succession des coteaux calcaire qui dominent les vallées constituent l'originalité de cette partie du Tarn et Garonne, baptisée Pays de Serres et Quercy Blanc: les Serres étant le relief formé par ces coteaux, et Blanc leur couleur.
Vus de loin, un coup d'oeil rapide et négligent, ne voit que des cailloux et une pauvre végétation sur de la terre dénudée.
Mais voilà, les milieux naturels constitués par les coteaux calcaires sont parmi les plus remarquables de notre pays. Ils hébergent un quart des espèces protégées nationalement et presque un tiers des espèces végétales supérieures recensées en France.
C'est pourquoi dans la plupart de nos régions, les coteaux calcaire bénéficient de statuts qui visent à leur conservation. Mais pourquoi pas en Midi-Pyrénées? La raison en est simple, mis à part certains sites célèbres, on ne savait pas trop ce qu'il y avait ailleurs, c'est à dire en gros dans la plaine. Ce retard est en train de se combler, l'inventaire naturaliste actualisé de la région, est en cours de réalisation. Et les premiers relevés montrent une richesse tout à fait comparable à d'autres départements réputés pour leur environnement naturel.
Donc ces collines en se morcelant vers le Sud-Ouest, en se dissolvant en îles et îlots, hébergent tout le long de leur traversée départementale une flore et une faune originale. Mais il faut savoir que le nombre d'espèces diminue avec la réduction de la surface. Nous pouvons alors évaluer l'importance des "grands coteaux" comme celui de Bouloc, qui constitue une sorte de "réservoir d'espèces". De plus le plateau de Bouloc est en continuité avec les plateaux du Lot, il constitue de la sorte une charnière commode pour l'échange des espèces. Car cette traversée du calcaire a permis, et permet encore, le voyage et l'installation d'espèces végétales et animales aux affinités méridionales, de la Méditerranée à l'Océan, des plateaux lotois aux coteaux gersois. Bien entendu la circulation s'effectue aussi en sens inverse.
Maintenant, peut-être le plus important. Savez-vous que ces lieux "sauvages" , qui bordent très souvent les coteaux, présentent les vestiges de l'action de l'homme au cours des siècles précédents. A ces époques où la vie était rude, le moindre recoin de terre était exploité. C'est au cours de ces périodes que des plantes et des animaux ont profité de ces espaces conquis sur la forêt et les broussailles pour s'installer jusqu'à nos jours.
Mais la déprise agricole permet le retour progressif de la forêt, en effaçant des espaces maîtrisés, rythmés par des haies et des murettes, si favorables à une belle vie sauvage. Ils sont devenus presque embarrassants On ne sait pas comment les "valoriser". Souvent ils deviennent des dépôts d'ordures incontrôlés. Pourtant ils sont essentiels à l'attrait de notre région, hébergeant une diversité animale et végétale, diversité dont on souligne actuellement l'importance.
La nature on vient de le voir, peut s'accomoder des activités humaines. A condition de ne pas stériliser le sol, comme le ferait une carrière.
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